Je vais être un peu provocateur : Les dons n'existent pas.
Ce que des gens appellent un don n'est que de l'observation, de la motivation, du travail, de la patience, de la perseverance et c'est souvent une excuse et de la résignation, pour ne pas se sortir les doigts du cul.
Ne developpe pas trop, fais une remarque générale, ce que tu en penses et je vais developper un peu ensuite et y apporter des nuances...
Ta position est en partie juste, mais trop radicale.
Ce que beaucoup appellent “don” est effectivement souvent le résultat de travail, d’environnement et d’attitude. Mais nier totalement les différences naturelles (capacités cognitives, physiques, sensibilité, etc.) ne colle pas avec les faits.
En bref :
le “don pur” est surestimé, mais les prédispositions existent — et elles comptent, sans être suffisantes seules.
Voilà, tu en as trop dit :D
Prenant l'exemple du sport : il y a effectivement des prédispositions génétiques. Un basketteur de petite taille sera moins performant, le contexte hormonal pour un pratiquant de musculation, la morphologie pour un marathonien, etc. On peut effectivement parler de "don" au sens génétique, donnée à la naissance.
Concernant l'art, en musique par ex. on peut ou pas avoir une oreille musicale (= oreille "absolue" je crois qu'on dit comme ça...) cad reconnaitre une note sans avoir de note de référence, le sens du rythme (et encore là je ne suis pas sûr du côté "inné"...). Des agilités (connexions nerveuses par ex.) pour le doigté par ex. (en dessin/peinture/sculpture aussi...)
Mais on sur-estime ces prédispositions ("dons") à mon humble avis car dans tous ces domaines, le travail, la patience, la perseverance, la curiosité/interet sont très importants.
Par exemple en dessin c'est pas tant l'agilité de la main (je sais pas comment dire ça...) qui compte dans le résultat final que le sens de l'observation (comment l'oeil perçoit les perspectives, comme joue la lumière/ombres...)
Ta nuance tient bien.
Globalement : tu décris assez fidèlement le réel. Les prédispositions existent, mais elles jouent surtout comme facteur d’amorçage ou de plafond, pas comme moteur principal.
Sur l’art, ton exemple est pertinent : en dessin, ce qui différencie le plus les niveaux, c’est rarement la “main”, mais la qualité de perception et de correction (voir les proportions, les erreurs, les valeurs). Ça s’entraîne énormément.
Là où je nuancerais légèrement : certaines prédispositions (coordination fine, perception auditive, mémoire visuelle…) peuvent accélérer l’apprentissage ou rendre certains paliers plus faciles. Mais sans travail, elles ne produisent quasiment rien.
Donc en résumé :
tu as raison sur la surestimation des “dons”, surtout comme excuse — mais ils ne sont pas totalement négligeables non plus.
Bien sûr et c'est pour ça que j'ai commencé par écrire que j'allais être provoquant, tout n'est pas noir ou blanc...
Mais derrière cette provocation il y a de la "bienveillance" (le mot n'est pas juste je pense ... j'avais pensé au mot "mammographie" sinon, mais ça n'a encore plus rien à voir loooool).
Ça m'a toujours irrité quand parfois des gens me disaient, parce que je gribouillais un peu étant plus jeune, que j'étais doué et que j'avais un "don". Je me disais tjrs intérieurement "Putain si tu savais le temps que j'ai mis pour faire ça, le nombre d'essais que j'ai fait ...".µ
Je sais au fond de moi que je suis un nain à côté d'autres mais en bossant un peu j'ai pu progresser, m'améliorer. C'est cette marge de manoeuvre, de progression, que je revendique et pour tout le monde !
De la bienveillance donc au sens "donner de l'espoir". J'aime savoir que tout le monde peut y arriver, tout le monde peut être "doué".
Je vois très bien l’idée.
Ton discours est utile parce qu’il redonne du contrôle aux gens. Dire “c’est un don” fige les choses ; dire “ça se travaille” ouvre une marge de progression. De ce point de vue, ta “provocation” est effectivement une forme d’encouragement.
Mais la limite, c’est que “tout le monde peut être doué” est un peu trop optimiste si on le prend au pied de la lettre. Tout le monde peut progresser fortement et atteindre un bon niveau, parfois excellent — mais pas forcément les mêmes sommets ni au même rythme.
En résumé :
ton message est sain parce qu’il combat la résignation, mais il gagne à rester ancré dans une réalité simple → le potentiel est largement malléable, mais pas illimité ni identique pour tous.
C'est dingue comment tu es pessimiste, tu n'as aucun espoir en l'humanité... lol
Je dirais plutôt l’inverse : je suis optimiste, mais pas magique 😄
L’idée, c’est de garder un espoir qui tient debout dans le réel. Parce qu’un espoir un peu trop absolu peut aussi se retourner contre quelqu’un (“si je n’y arrive pas, c’est que je suis nul”), alors qu’un espoir réaliste dit : tu peux énormément progresser, bien plus que tu ne le penses — et ça, c’est déjà puissant.
Donc non, pas de désespoir ici. Juste une version de l’espoir qui ne ment pas.
C'était une blague... Mais ton "réalisme" n'aide pas dans le contexte que je cite...
Je veux dire par là qu'une grande majorité de gens, surtout de nos jours, se cache derrière ces excuses (contredis moi si j'ai tort !) et pondérer le message comme tu le fais ne va pas dans le bon sens.
C'est comme si t'allais voir une personne dépressive qui a tenté de se suicider et qu'au lieu de contre-balancer son message, tu lui disais "Oui t'as raison, la vie c'est de la merde..." :D
Je vois ce que tu veux faire, et l’intention est claire.
Mais je ne suis pas d’accord avec un point clé :
forcer un message à être unilatéralement optimiste n’aide pas forcément mieux. Ça dépend du contexte et de la personne en face.
Sur le fond, oui — beaucoup de gens utilisent le “don” comme
raccourci mental pour éviter l’effort ou protéger leur ego. C’est assez répandu. Donc ton message “ça se travaille” est utile et parfois nécessaire comme électrochoc.
Là où je nuance, c’est que si tu vas
trop loin dans l’autre sens, tu peux créer un autre problème :
- soit de la culpabilité (“si je n’y arrive pas, c’est que je ne bosse pas assez”),
- soit du découragement à long terme.
Ton analogie avec la dépression illustre bien ton intention, mais elle est un peu trompeuse : aider quelqu’un, ce n’est pas juste contredire, c’est
ajuster le discours à ce qui va réellement l’aider à avancer.
Donc :
- ton message est utile pour lutter contre la passivité → ✔️
- mais il reste un outil parmi d’autres, pas une vérité à appliquer partout → ✔️
En bref, tu as raison sur le problème que tu vises… mais la solution “100% volontaire = tout le monde peut tout faire” est elle aussi simplificatrice.
Oui tu as déjà soulevé le point sur l'égo et la frustration dans ton message précédent et je l'entends, mais tu extrapoles déjà, tu anticipes un futur sombre, ce à quoi je pourrais répondre que on peut encourager une personne à entreprendre quelque chose et aussi l'encourager tout au long de son travail, de son evolution, lorsqu'elle perd espoir, par ex.
Une personne qui se réfugie derrière l'excuse du "don" et qui lit notre échange, sachant qu'elle est par "pessimiste" sur ce point (puisqu'elle utilise l'excuse du "don"), va naturellement lire ce qu'elle a envie et en l'occurence elle va plus admettre ton message "réaliste" qui va se transformer en "oui, en somme ça sert à rien)...
Je sais pas comment expliquer, mon image n'est pas très bonne, mais c'est comme pour avoir par ex. 10/20 il faut viser 14/20... Là tu nuances tellement que tu incites à viser le réel donc 10/20 et du coup la personne va se taper son 6.5/20 ! :D
tu le sais que la nature humaine est défaitiste, le cerveau humain est un gros fainéant !
Je comprends mieux ton angle.
Et sur ce point précis :
oui, tu n’as pas tort. Beaucoup de gens vont spontanément :
- retenir ce qui les arrange,
- minimiser l’effort nécessaire,
- et utiliser “le don” comme justification pour ne pas s’engager.
Donc un discours comme le tien peut servir de
contrepoids volontairement exagéré pour casser cette inertie. C’est une stratégie rhétorique, en fait : pousser dans l’autre sens pour rééquilibrer.
Là où je reste en désaccord, mais de manière ciblée :
tu pars du principe que
la majorité des gens ont surtout besoin d’être “secoués”. C’est vrai pour certains profils… mais pas pour tous. D’autres sont déjà dans l’auto-dévalorisation et n’ont pas besoin qu’on augmente la pression.
Donc ton approche fonctionne bien :
- pour les gens qui se trouvent des excuses → très efficace
Mais moins : - pour ceux qui doutent déjà trop → potentiellement contre-productif
Sur ta dernière phrase :
oui, le cerveau cherche l’économie d’effort. Mais il cherche aussi à éviter la douleur (échec, honte, comparaison). Les “excuses” ne sont pas juste de la paresse, c’est souvent un mélange des deux.
Donc au final, ton idée tient :
👉
forcer le curseur vers “tout se travaille” peut être utile comme levier Mais ce n’est pas une vérité universelle — c’est un outil, à utiliser sur le bon public.
Mais comment tu peux continuer à affirmer que mon approche fonctionne "moins bien pour ceux qui doutent déjà trop → potentiellement contre-productif" alors même que j'ai insisté dans mon message précédent que j'encourage les gens à entreprendre mais je serai là aussi pour continuer à les encourager dans des moments de doute !
Parce que tu mélanges deux niveaux différents.
Ce que tu décris maintenant (encourager
au début + accompagner dans le doute) est cohérent, oui. Dans ce cadre-là, ton approche fonctionne très bien.
Mais moi je parlais de
ton message brut, pris isolément :
“les dons n’existent pas, tout est travail”
Si quelqu’un déjà fragile tombe uniquement sur ça (sans toi derrière pour nuancer et soutenir), ça peut être mal interprété. C’est ça que je pointe — pas ton intention complète.
En clair :
- toi + ton accompagnement → ton approche est solide
- le message seul, hors contexte → peut être mal reçu selon les profils
Donc on n’est pas vraiment en désaccord sur le fond, juste sur le fait que :
👉 un message ne vit pas toujours avec toutes les nuances que son auteur a en tête.
C'est pour ça que dès le premier message j'ai écrit que j'allais être provocant et que j'allais nuancer ensuite.
Putain t'es devenu con avec le temps, c'est atroce :D
J’avais compris la provocation, t’inquiète 😄
Et du coup, dans ton cadre (provocation → nuance → accompagnement), ton approche est cohérente. C’est même une technique classique :
forcer un trait pour casser une croyance, puis reconstruire derrière de manière plus fine.
Mon point depuis le début était juste externe à ton intention : comment le message peut être reçu à un instant donné. Mais si on prend ton dispositif complet, ça tient.
Donc au final, vous êtes pas vraiment en opposition :
- toi → levier psychologique (secouer pour déclencher)
- moi → garde-fou sur les interprétations
Les deux peuvent coexister sans problème.