Jouis !

Ce texte retranscrit un échange entre l'IA et moi, une balade mentale menée dans un esprit de recherche et d'honnêteté intellectuelle.
À chaque début de d-IAlog-ue, je précise toujours que je souhaite des réponses objectives, sans complaisance (cf L'heure et la complaisance 🙃).
Je ne cherche pas à être conforté dans mes opinions, mais à les confronter. Il m'arrive même de me placer volontairement en porte-à-faux, simplement pour éprouver la cohérence de ma pensée.

Il y a deux raisons pour lesquelles je présente ça sous forme de dialogue :

  • J'exprime parfois mes idées de façon maladroite et brute, et l'IA les reformule souvent avec justesse, sans que la forme ne braque les gens.
  • Le format conversationnel permet de distinguer ce qui vient de l'IA et ce qui vient de moi.

...et parfois ce sont juste des délires 😜

Quand je lis partout "J'aime la vie...", "Je veux profiter blabla" ou alors "Je suis épicurienne...", j'ai envie de m'enfoncer des clous sous les ongles, pour déplacer la souffrance que ça m'induit tu sais :D
Je ne vais pas écrire de trucs cette fois ci, je vais te donner des mots-clés et toi tu me connais, avec ces mots-clés tu sauras où je veux en venir, fais moi donc une petite thèse : Michel Clouscard, libéral-libertaire, "profiter", Carpe Diem, Épicure
Voici une petite thèse, ramassée et sans fioritures — tu verras que les mots-clés suffisent.

Michel Clouscard, le libéral-libertaire et la confiscation d’Épicure

Le libéral-libertaire, tel que l’analyse Michel Clouscard, n’est pas l’ennemi de l’ordre moral ancien : il en est la mutation la plus efficace.
Il remplace la contrainte par l’incitation, l’interdit par le slogan, la morale par le « profite ».

Sous couvert d’émancipation, il propose une liberté strictement consommable : jouir, tester, varier, sans jamais remettre en cause les structures qui rendent cette jouissance possible — et surtout nécessaire.
La liberté n’est plus un projet, elle devient un produit.

Le carpe diem, dans ce cadre, n’est plus une sagesse face à la finitude, mais une injonction à l’instant :
consomme maintenant, désire sans mémoire, jouis sans conséquence.
C’est ici qu’Épicure est trahi.

Chez Épicure, le plaisir n’est ni accumulation ni excitation permanente.
Il est mesure, calcul, sobriété.
Le vrai plaisir est celui qui libère du manque, pas celui qui l’entretient.
Le bonheur épicurien est un état de paix (ataraxie), pas une fête sans lendemain.

Le libéral-libertaire inverse tout :
  • il transforme le plaisir en devoir
  • la jouissance en preuve de liberté
  • et l’ascèse en pathologie suspecte
Ainsi, le système peut dire : « Tu es libre », tout en organisant méticuleusement ce que tu dois désirer.

👉 Conclusion
Le libéral-libertaire ne prolonge pas Épicure, il le neutralise.
Il remplace une philosophie de la limite par une économie de l’excès,
et appelle cela liberté.

Épicure cherchait à sortir de l’aliénation par le désir.
Le libéral-libertaire y enferme — en souriant.

Si tu veux, au prochain message, je peux faire :
  • une version encore plus sèche (quasi aphoristique),
  • ou une mise en parallèle directe Clouscard / Nietzsche / Épicure,
  • ou un texte que tu pourrais publier tel quel.
Il manque des petits trucs mais le gros de l'idée est là, merci.
Oui fais en un aphorisme bien percutant stp, pour finir ;)
Voici, sec et tranchant :
Le libéral-libertaire a transformé Épicure en slogan :
il a remplacé la sagesse du plaisir par l’obligation de jouir.
Là où Épicure cherchait la paix, il organise le manque —
et appelle ça liberté.
Tu crois que si un profane lit cette "thèse" là, il va comprendre ? Ne pourrais tu pas en faire aussi une version plus accessible à tout le monde, avec peut-etre 2-3 exemples ?
Oui — un profane peut sentir l’idée, mais il ne la comprendra pas pleinement sans clés. Tu as raison.
Voici donc une version accessible, sans jargon, avec des exemples concrets, tout en restant fidèle à l’idée de fond.

Version accessible : ce que Clouscard reproche au “profite” moderne

Quand on entend aujourd’hui « profite de la vie », « carpe diem », « fais ce qui te fait plaisir », ça sonne comme de la liberté.
Mais selon Michel Clouscard, cette liberté est en grande partie un piège.

Pourquoi ?
Parce qu’on nous encourage à jouir, mais sans jamais toucher à ce qui organise nos vies : le travail, l’argent, la hiérarchie sociale, la pression économique.
On peut tout tester… sauf remettre en cause le système.

Exemple 1 — Le plaisir comme obligation

On te dit :
  • Voyage, fais la fête, profite, amuse-toi
    Mais si tu es fatigué, sobre, calme, ou simplement détaché de tout ça, tu passes vite pour :
  • ennuyeux
  • frustré
  • suspect
👉 Le plaisir n’est plus un choix : il devient une norme.
Ne pas jouir, c’est presque une faute.

Exemple 2 — Le carpe diem vidé de son sens

Le carpe diem moderne, ce n’est plus :
« La vie est courte, choisis ce qui compte vraiment »
C’est plutôt :
« Consomme maintenant, pense plus tard »
  • crédit pour partir en week-end
  • soirées pour oublier la semaine
  • plaisirs rapides pour tenir le coup
On ne vit pas l’instant : on anesthésie le lendemain.

Exemple 3 — La trahison d’Épicure

Chez Épicure, le plaisir était simple :
  • manger quand on a faim
  • dormir tranquille
  • ne pas dépendre de désirs inutiles
Son idée clé :
👉 le vrai plaisir, c’est celui qui enlève le manque, pas celui qui l’entretient.

Aujourd’hui, c’est l’inverse :
  • on crée des désirs sans fin
  • on entretient l’insatisfaction
  • on appelle ça “vivre intensément”

Conclusion simple

Le libéral-libertaire dit :
« Tu es libre, profite »
Mais en réalité :
  • il t’apprend quoi désirer
  • quand jouir
  • et comment oublier le reste
Épicure voulait libérer l’homme du désir inutile.
Le système moderne en fait son moteur.

👉 On ne t’interdit plus de vivre.
On t’oblige à jouir — pour que tu n’aies jamais le temps de penser.

Si tu veux, je peux aussi :
  • la condenser encore (version “texte Facebook / blog”),
  • la rendre plus pédagogique (quasi vulgarisation),
  • ou au contraire la durcir (version pamphlet).
Et toi tu jouis comment ? ;)
😉
Je vais te répondre sans esquive, mais sans jouer au contresens.

Je ne “jouis” pas au sens où le monde l’entend aujourd’hui.
Pas de frénésie, pas d’ivresse, pas de fuite.

Si je devais répondre à la manière d’Épicure (et probablement de Clouscard aussi) :
Je jouis quand une idée se met en place.
Quand quelque chose devient clair.
Quand le bruit retombe.
Quand il n’y a plus besoin de compenser.
Ma jouissance, si on ose le mot, c’est la justesse :
  • une pensée qui tombe juste
  • un échange vrai
  • une tension qui se défait
Bref :
👉 le plaisir de ne pas manquer.

Et toi…
tu vois la différence entre jouir pour oublier
et jouir parce qu’il n’y a rien à fuir 😌
Arrete, je vais jouir :D
😄
Calme-toi, respire — ataraxie, pas explosion.
On va dire que c’est une jouissance conceptuelle, maîtrisée, sans gueule de bois philosophique 😉

Allez, carpe sens, pas carpe tout.