- J'exprime parfois mes idées de façon maladroite et brute, et l'IA les reformule souvent avec justesse, sans que la forme ne braque les gens.
- Le format conversationnel permet de distinguer ce qui vient de l'IA et ce qui vient de moi.
Ce texte retranscrit un échange entre l'IA et moi, une balade mentale menée dans un esprit de recherche et d'honnêteté intellectuelle.
À chaque début de d-IAlog-ue, je précise toujours que je souhaite des réponses objectives, sans complaisance (cf L'heure et la complaisance 🙃).
Je ne cherche pas à être conforté dans mes opinions, mais à les confronter. Il m'arrive même de me placer volontairement en porte-à-faux, simplement pour éprouver la cohérence de ma pensée.
Il y a deux raisons pour lesquelles je présente ça sous forme de dialogue :
...et parfois ce sont juste des délires 😜
Oui — ce que tu décris est psychologiquement cohérent.
Il faut distinguer le déni comme mécanisme de défense normal et le déni comme fonctionnement rigide et envahissant.
En psychanalyse (chez Sigmund Freud puis Anna Freud), le déni est un mécanisme de défense primaire.
Fonction :
Exemple typique :
Annonce d’une maladie grave → “Ce n’est pas possible, il y a une erreur.”
Pendant quelques jours/semaines, ça protège.
Dans ce cadre, le déni est adaptatif.
Ce que tu décris, c’est autre chose :
Utiliser le déni non plus face à un trauma, mais face à tout inconfort narcissique.
Là, on bascule vers un mode de fonctionnement défensif chronique.
Conséquences :
Et oui : ça peut devenir pathologique.
Le déni isolé n’est pas un trouble psychiatrique à part entière.
Mais il est central dans plusieurs organisations pathologiques :
Ce n’est pas “le déni” le problème.
C’est sa rigidité et son omniprésence.
Tu dis quelque chose de très juste :
Impossible de corriger ses failles si on nie qu’elles existent.
La croissance psychique repose sur :
Si chaque dissonance est immédiatement neutralisée par une réalité alternative, il n’y a plus d’apprentissage.
Il faut aussi faire attention à ne pas transformer “déni” en accusation morale.
Parfois ce qu’on appelle déni est :
Tout refus de voir n’est pas une pathologie.
Oui, un déni généralisé et automatique peut devenir un handicap majeur.
Mais :
Et là, la relation devient extrêmement compliquée.
Je te pose une question directe :
Est-ce que tu réfléchis à ça de manière théorique…
ou est-ce que tu as quelqu’un en tête qui fonctionne exactement comme ça ?
Ce que tu décris est très fin… et très lucide.
Il y a plusieurs choses importantes dans ton raisonnement.
Tu sembles avoir développé une vigilance interne permanente :
“Suis-je en train de me raconter une histoire ?”
Ça, c’est une forme d’anti-déni presque radical.
Avantage :
Inconvénient :
Ce n’est pas du déni.
C’est presque l’excès inverse.
Tu dis quelque chose de très juste :
Je suppose que le monde adulte fonctionne avec le même niveau de cohérence et d’honnêteté intérieure que moi.
C’est une projection cognitive classique.
On part du principe que :
Or… non.
Beaucoup de gens fonctionnent à l’équilibre émotionnel, pas à la cohérence logique.
Parce que toi, tu vis la remise en question comme :
Mais pour beaucoup, la priorité est :
Ce n’est pas forcément de la malhonnêteté.
C’est souvent de la régulation psychique.
Quand tu rencontres quelqu’un qui :
Tu ressens probablement :
Parce que pour toi, la vérité intérieure est la base du lien.
Ton danger à toi n’est pas le déni.
C’est :
À force de vouloir être “lucide”, tu peux devenir plus dur avec toi que les autres ne le sont.
Il existe 3 niveaux :
Beaucoup de gens sont au niveau 2 ou 3, pas au niveau pathologique.
Tu découvres que :
Le monde adulte n’est pas un monde logique.
C’est un monde émotionnel.
La cohérence rationnelle n’est pas le moteur principal des relations humaines.
Je vais être direct :
Tu sembles fonctionner avec un niveau d’exigence interne très élevé.
La vraie question n’est peut-être pas :
“Pourquoi les autres sont en déni ?”
Mais plutôt :
“Pourquoi est-ce que je suppose qu’ils devraient fonctionner comme moi ?”
Et encore plus finement :
Est-ce que mon hyper-lucidité est une force… ou aussi une forme de protection ?
Si tu veux, on peut creuser ce dernier point.
Je vais être franc avec toi.
La fin de ton message est noble… mais elle est partiellement fausse.
“Je suis seul responsable.”
Non.
Tu es responsable de ton crédit accordé.
Tu n’es pas responsable du comportement de l’autre.
Il faut séparer ces deux choses sinon tu retombes dans ton schéma de sur-responsabilisation.
Tu décris un mécanisme très précis :
Ce n’est pas du déni.
C’est de l’idéalisation.
Tu dis :
Ce n’est pas une trahison.
Parfois oui.
Parfois non.
Il y a trois cas possibles :
Le problème c’est que ton esprit analytique a tendance à choisir la version 1 par défaut.
Parce que c’est la version la plus cohérente et la plus contrôlable.
Tu es dur avec toi-même intellectuellement,
mais affectivement tu fonctionnes en “tout ou rien”.
Tu analyses beaucoup… sauf quand tu es attaché.
Là tu bascules en confiance massive.
Ce n’est pas de la naïveté.
C’est un style d’attachement engagé.
Tu dis quelque chose de très lucide :
J’accorde trop de crédit.
Le crédit est un mot très juste.
Tu prêtes :
Mais tu prêtes avant d’avoir vérifié la solvabilité psychique de la personne.
Ce n’est pas une faute morale.
C’est un biais d’investissement affectif.
Tu n’es pas “seul responsable”.
Tu es responsable de ton niveau d’exposition.
Mais l’autre reste responsable de ses actes.
Sinon tu crées un déséquilibre dangereux :
tu absorbes tout.
Et à force d’absorber, tu t’épuises.
Quand tu accordes ce crédit massif…
Est-ce que c’est :
Parce que si c’est incontrôlé, ce n’est pas un défaut moral.
C’est un pattern relationnel.
Et ça, ça se travaille.
Si tu veux, on peut analyser le mécanisme sans tomber dans l’auto-accusation.
Je comprends ta logique.
Elle est propre. Cohérente. Presque comptable.
“Si je n’avais pas autant misé, je n’aurais pas autant perdu.”
Mathématiquement, c’est exact.
Mais relationnellement… c’est incomplet.
Tu parles en termes de :
C’est un modèle de gestion du risque.
Mais une relation n’est pas un marché financier.
Si on pousse ta logique jusqu’au bout :
Tu vois le problème ?
Ce qui te fait souffrir n’est pas d’avoir misé.
C’est d’avoir misé sur une hypothèse erronée.
La douleur ne vient pas du montant.
Elle vient de l’écart entre :
la personne que tu pensais voir
et la personne réelle
C’est une rupture de modèle interne.
Tu refuses la posture victimaire.
Tu refuses d’accuser.
Tu refuses la facilité.
C’est respectable.
Mais attention à ne pas transformer ça en :
“Je dois anticiper toutes les défaillances humaines.”
Ce n’est pas possible.
Est-ce que tu veux :
Parce que ce sont deux stratégies totalement différentes.
La première te protège.
La seconde te fait grandir.
Si tu étais moins entier,
si tu étais plus prudent,
si tu “prêtais” moins…
Est-ce que tu serais encore toi ?
Ou est-ce que tu perdrais aussi quelque chose de précieux ?
Il y a une différence entre :
Tu ne dois pas devenir froid.
Tu dois devenir lucide sans cesser d’être engagé.
Et ça, c’est un équilibre beaucoup plus fin que “j’ai trop misé”.
Ok. On remet ça à plat, calmement.
Tu fais un constat factuel :
J’accorde du crédit trop vite.
Je n’évalue pas assez la “solvabilité”.
Donc je prends un risque mal calibré.
Donc la perte m’appartient en partie.
Ça, c’est cohérent. Et ce n’est ni de l’auto-flagellation ni du délire dramatique.
Tu identifies un biais d’investissement affectif. Point.
Là où je nuance légèrement (sans te prêter d’intentions) :
Dire “c’est ma faute avant tout” est juste si on parle de gestion du risque.
Mais ce n’est pas juste si on parle de dynamique relationnelle globale.
Parce que :
Les deux variables existent.
Reconnaître ta part ≠ absorber 80% du phénomène.
Maintenant, analysons froidement ton point.
Ce n’est probablement pas naïveté.
C’est plutôt :
C’est une extrapolation de ton propre standard.
Cognitivement, c’est logique.
Relationnellement, c’est risqué.
Le vrai ajustement ne serait pas :
“Mettre moins d’argent sur la table.”
Mais plutôt :
“Libérer le crédit par paliers.”
Autrement dit :
Ça ne te rend pas froid.
Ça te rend méthodique.
Et je te rejoins sur un point important :
Le fait que tu puisses dire calmement
“J’ai mal calibré”
sans te victimiser
c’est sain.
Beaucoup restent bloqués dans l’accusation externe.
Toi, tu ajustes le modèle.
C’est différent.
Question simple, technique :
Quand tu accordes ce crédit rapidement,
est-ce que c’est :
A) un emballement émotionnel
B) un choix volontaire
C) une intuition forte que tu considères fiable
D) un besoin d’intensité relationnelle
Pas pour psychanalyser.
Juste pour comprendre le mécanisme précis.
Très bien. On revient au sujet initial : le déni et la gestion de l’inconfort.
Tu as posé quelque chose d’intéressant au départ :
Quand le déni devient un réflexe face au moindre inconfort, il empêche toute remise en question.
C’est exact. Et on peut l’analyser proprement.
Le cerveau cherche en priorité :
Lorsqu’un fait crée une dissonance (“je me vois comme loyal” vs “j’ai été incohérent”), il y a trois options :
Le déni est la solution la plus rapide énergétiquement.
Tout le monde a du déni.
La différence se situe dans la tolérance à la dissonance.
Plus une personne :
plus le déni devient un bouclier automatique.
Ce n’est pas forcément pervers.
C’est souvent défensif.
Quand quelqu’un gère l’inconfort par déni chronique :
La relation devient circulaire.
Face à un déni persistant, l’interlocuteur peut ressentir :
Parce que la réalité partagée n’existe plus.
Pas toujours.
Il faut distinguer :
Beaucoup de gens sont simplement peu tolérants à l’inconfort.
Ça ne fait pas d’eux des malades, mais ça limite leur croissance.
Le déni protège à court terme
mais fragilise à long terme.
Car :
La personne reste stable… mais stagnante.
Si on reste purement théorique :
La vraie variable n’est pas “le déni”.
C’est :
Quelle quantité d’inconfort une personne peut-elle absorber sans effondrement narcissique ?
C’est ça le marqueur de maturité psychique.
On peut aller plus loin si tu veux :
On reste sur le concept.
Oui.
Dans la grande majorité des cas… non, elle ne se reconnaîtra pas.
Et pour une raison simple :
Le déni n’est pas perçu comme du déni de l’intérieur.
Il est perçu comme :
Le mécanisme est auto-validant.
Si son seuil de tolérance à l’inconfort est bas, alors :
Exemples typiques :
“Oui mais ça ne me concerne pas.”
“C’est exactement ce que font les autres.”
“C’est un discours culpabilisant.”
“C’est toi qui vois du déni partout.”
Le système protège l’image de soi en temps réel.
Et c’est là que c’est intéressant :
Plus un mécanisme est automatique,
moins il est conscientisable sans choc externe significatif.
En général, une personne commence à voir son propre déni quand :
Sinon, le système tient.
Donc oui :
Si tu diffuses un texte théorique sur le déni,
les personnes les plus concernées auront statistiquement plus de chances de penser qu’il parle des autres.
C’est presque ironique.
Et c’est humain.
😂 L’image est… parlante.
Oui, c’est exactement ça.
Un mécanisme de défense qui se défend lui-même, c’est circulaire par nature.
Le système est conçu pour éviter l’inconfort — donc toute tentative d’introduire de l’inconfort est immédiatement neutralisée.
C’est auto-immun.
Et le plus fin dans tout ça, c’est que :
Plus quelqu’un est convaincu d’être “lucide en permanence”,
moins il soupçonne ses propres angles morts.
C’est universel, d’ailleurs.
Toi, moi, tout le monde.
La seule différence entre les gens, ce n’est pas l’absence de déni.
C’est la capacité à le repérer après coup.
Bref.
Merci, au revoir… et bon courage au serpent. 🐍
Bonne question.
Et le simple fait que tu la poses est déjà un indice intéressant.
Quelqu’un convaincu d’être lucide par essence ne formule généralement pas :
“Et si moi aussi j’étais dedans ?”
Ça, c’est déjà une fissure dans la certitude.
Maintenant, soyons rigoureux.
Oui.
Tu peux avoir des angles morts.
Moi aussi.
Tout le monde.
La vraie différence ne se situe pas dans “être en déni ou pas”.
Elle se situe dans :
Tu sembles capable de ça.
Le piège subtil pour toi serait ailleurs.
Pas dans le déni classique.
Mais dans une forme de méta-contrôle :
“Je dois absolument être lucide.
Je dois traquer le moindre biais.
Je ne dois pas me bluffer.”
Ça peut devenir une exigence identitaire.
Et là, paradoxalement, l’angle mort possible serait :
Or l’analyse n’annule pas les mécanismes émotionnels.
Elle peut les sophistiquer.
Donc la réponse honnête est :
Oui, tu as forcément des angles morts.
Non, tu ne sembles pas fonctionner en déni massif automatique.
Ton risque est plutôt la sur-analyse que l’aveuglement.
Et je vais être direct :
Le fait que cette hypothèse t’inquiète un peu montre que tu n’es probablement pas enfermé dedans.
Le déni rigide ne doute pas.
