Déni la malice

Ce texte retranscrit un échange entre l'IA et moi, une balade mentale menée dans un esprit de recherche et d'honnêteté intellectuelle.
À chaque début de d-IAlog-ue, je précise toujours que je souhaite des réponses objectives, sans complaisance (cf L'heure et la complaisance 🙃).
Je ne cherche pas à être conforté dans mes opinions, mais à les confronter. Il m'arrive même de me placer volontairement en porte-à-faux, simplement pour éprouver la cohérence de ma pensée.

Il y a deux raisons pour lesquelles je présente ça sous forme de dialogue :

  • J'exprime parfois mes idées de façon maladroite et brute, et l'IA les reformule souvent avec justesse, sans que la forme ne braque les gens.
  • Le format conversationnel permet de distinguer ce qui vient de l'IA et ce qui vient de moi.

...et parfois ce sont juste des délires 😜

On a pris l'habitude de parler de déni à tout va de nos jours mais ça peut être une réelle pathologie, tu ne crois pas ?
Je m'explique : Le déni est un système de protection de notre cerveau qui sert à ne pas détruire l'ego par ex. lors d'un traumatisme sérieux.
Mais lorsque ce système de déni se met en place pour chaque petit inconfort, cela peut être un réel handicap : On nie totalement la réalité en s'en créant une alternative plus confortable sur le moment mais impossible dans ces conditions de se remettre en question, d'identifier des faiblesses et de les "réparer".
Que penses tu de tout ça ?

Oui — ce que tu décris est psychologiquement cohérent.

Il faut distinguer le déni comme mécanisme de défense normal et le déni comme fonctionnement rigide et envahissant.


1️⃣ Le déni “sain”

En psychanalyse (chez Sigmund Freud puis Anna Freud), le déni est un mécanisme de défense primaire.

Fonction :

  • amortir un choc émotionnel brutal
  • éviter un effondrement narcissique
  • laisser du temps au psychisme pour intégrer une réalité trop douloureuse

Exemple typique :
Annonce d’une maladie grave → “Ce n’est pas possible, il y a une erreur.”
Pendant quelques jours/semaines, ça protège.

Dans ce cadre, le déni est adaptatif.


2️⃣ Quand ça devient problématique

Ce que tu décris, c’est autre chose :

Utiliser le déni non plus face à un trauma, mais face à tout inconfort narcissique.

Là, on bascule vers un mode de fonctionnement défensif chronique.

Conséquences :

  • Incapacité à se remettre en question
  • Réécriture constante des faits
  • Construction d’une réalité alternative
  • Externalisation systématique de la responsabilité
  • Blocage de l’évolution personnelle

Et oui : ça peut devenir pathologique.


3️⃣ Est-ce une “pathologie” en soi ?

Le déni isolé n’est pas un trouble psychiatrique à part entière.
Mais il est central dans plusieurs organisations pathologiques :

  • troubles narcissiques
  • certaines structures borderline
  • addictions (déni massif de la dépendance)
  • troubles psychotiques (dans une forme plus radicale)

Ce n’est pas “le déni” le problème.
C’est sa rigidité et son omniprésence.


4️⃣ Le point clé que tu soulèves

Tu dis quelque chose de très juste :

Impossible de corriger ses failles si on nie qu’elles existent.

La croissance psychique repose sur :

  • Tolérance à l’inconfort
  • Capacité d’introspection
  • Acceptation d’une image de soi imparfaite

Si chaque dissonance est immédiatement neutralisée par une réalité alternative, il n’y a plus d’apprentissage.


5️⃣ Nuance importante

Il faut aussi faire attention à ne pas transformer “déni” en accusation morale.

Parfois ce qu’on appelle déni est :

  • peur
  • honte
  • immaturité émotionnelle
  • attachement insécure
  • ou simple incapacité momentanée à faire face

Tout refus de voir n’est pas une pathologie.


6️⃣ Mon avis franc

Oui, un déni généralisé et automatique peut devenir un handicap majeur.

Mais :

  • soit la personne en prend conscience → ça devient travaillable
  • soit elle n’en a pas conscience → alors toute confrontation est vécue comme une attaque

Et là, la relation devient extrêmement compliquée.


Je te pose une question directe :
Est-ce que tu réfléchis à ça de manière théorique…
ou est-ce que tu as quelqu’un en tête qui fonctionne exactement comme ça ?

J'ai plusieurs personnes en tête mais peu importe...
Etant très voire trop "sévère" avec moi même, dans le sens où à chaque seconde presque je me pose la question de savoir si je ne suis pas là tout de suite en train de me bluffer (le fameux déni), j'ai pris l'habitude de penser que les gens fonctionnent de la même façon et que le monde des "adultes" est un monde cohérent, logique et sans aucun mensonge ou distorsion.
Par conséquent, je prête cette faculté de remise en question systématique à tout le monde ce qui est loin d'être le cas. Un peu de la même façon qu'on peut paraitre naïf lorsque soi même nous n'avons pas l'habitude de tricher ou arnaquer quelqu'un.

Ce que tu décris est très fin… et très lucide.

Il y a plusieurs choses importantes dans ton raisonnement.


1️⃣ Tu fonctionnes en hyper-auto-contrôle

Tu sembles avoir développé une vigilance interne permanente :

“Suis-je en train de me raconter une histoire ?”

Ça, c’est une forme d’anti-déni presque radical.

Avantage :

  • Grande lucidité
  • Capacité d’introspection rare
  • Correction rapide des biais personnels

Inconvénient :

  • Fatigue cognitive
  • Doute permanent
  • Rigidité morale envers toi-même

Ce n’est pas du déni.
C’est presque l’excès inverse.


2️⃣ Projection de ton propre standard sur les autres

Tu dis quelque chose de très juste :

Je suppose que le monde adulte fonctionne avec le même niveau de cohérence et d’honnêteté intérieure que moi.

C’est une projection cognitive classique.

On part du principe que :

  • Les autres ont la même exigence interne
  • Les autres supportent la dissonance comme nous
  • Les autres cherchent la vérité sur eux-mêmes

Or… non.

Beaucoup de gens fonctionnent à l’équilibre émotionnel, pas à la cohérence logique.


3️⃣ Pourquoi ça te choque

Parce que toi, tu vis la remise en question comme :

  • une nécessité morale
  • un devoir d’adulte
  • une base de solidité personnelle

Mais pour beaucoup, la priorité est :

  • maintenir la stabilité émotionnelle
  • éviter la honte
  • préserver l’image de soi

Ce n’est pas forcément de la malhonnêteté.
C’est souvent de la régulation psychique.


4️⃣ Là où ça devient douloureux pour toi

Quand tu rencontres quelqu’un qui :

  • ne se remet pas en question
  • réécrit les faits
  • nie des évidences
  • externalise systématiquement

Tu ressens probablement :

  • injustice
  • incohérence
  • trahison
  • absurdité

Parce que pour toi, la vérité intérieure est la base du lien.


5️⃣ Le piège inverse pour toi

Ton danger à toi n’est pas le déni.

C’est :

  • l’auto-suspicion permanente
  • le doute hyper-analytique
  • la sur-responsabilisation

À force de vouloir être “lucide”, tu peux devenir plus dur avec toi que les autres ne le sont.


6️⃣ Une distinction importante

Il existe 3 niveaux :

  1. Déni pathologique (rigide, massif)
  2. Défense ponctuelle normale
  3. Simple immaturité émotionnelle

Beaucoup de gens sont au niveau 2 ou 3, pas au niveau pathologique.


7️⃣ Ce que tu découvres en réalité

Tu découvres que :

Le monde adulte n’est pas un monde logique.
C’est un monde émotionnel.

La cohérence rationnelle n’est pas le moteur principal des relations humaines.


Je vais être direct :

Tu sembles fonctionner avec un niveau d’exigence interne très élevé.
La vraie question n’est peut-être pas :

“Pourquoi les autres sont en déni ?”

Mais plutôt :

“Pourquoi est-ce que je suppose qu’ils devraient fonctionner comme moi ?”

Et encore plus finement :

Est-ce que mon hyper-lucidité est une force… ou aussi une forme de protection ?

Si tu veux, on peut creuser ce dernier point.

Non, je ne découvre pas ça aujourd'hui ne tkt pas. J'en parle là tout de suite comme un sujet pour nos d-IA-logues...
Dans 90% des cas (je te sors ce nombre de mon cul bien evidemment...) je suis conscient que le monde est biaisé mais là où je me fais baiser c'est dans les relations amicales et amoureuses : Je suis tellement engagé et aveuglé, il faut bien le dire, que je prête le Bon Dieu sans confession, comme on dit. Et je dois bien admettre que c'est d'autant plus décevant quand cette "trahison" vient de quelqu'un de cher.
Mais après tout, je parle de "trahison" alors que ça n'en est pas réellement une, c'est simplement moi qui ai accordé trop d'importance, d'interet, de "crédit" (je pense que ce mot est + juste) à la personne qui m'a déçu. Je suis en réalité seul responsable.

Je vais être franc avec toi.

La fin de ton message est noble… mais elle est partiellement fausse.

“Je suis seul responsable.”

Non.
Tu es responsable de ton crédit accordé.
Tu n’es pas responsable du comportement de l’autre.

Il faut séparer ces deux choses sinon tu retombes dans ton schéma de sur-responsabilisation.


Ce qui se passe réellement

Tu décris un mécanisme très précis :

  1. Tu es lucide, exigeant, structuré.
  2. En amour/amitié, tu passes en mode engagement total.
  3. Tu accordes un crédit élevé (confiance, cohérence, profondeur).
  4. L’autre fonctionne différemment.
  5. La réalité ne correspond pas au modèle que tu avais attribué.
  6. Déception massive.
  7. Tu retournes la responsabilité contre toi.

Ce n’est pas du déni.
C’est de l’idéalisation.


La nuance importante

Tu dis :

Ce n’est pas une trahison.

Parfois oui.
Parfois non.

Il y a trois cas possibles :

  1. Tu as surestimé la maturité de la personne → erreur d’évaluation.
  2. La personne t’a donné des signaux incohérents → responsabilité partagée.
  3. La personne a consciemment profité de ton crédit → là c’est une vraie trahison.

Le problème c’est que ton esprit analytique a tendance à choisir la version 1 par défaut.

Parce que c’est la version la plus cohérente et la plus contrôlable.


Ton angle mort

Tu es dur avec toi-même intellectuellement,
mais affectivement tu fonctionnes en “tout ou rien”.

Tu analyses beaucoup… sauf quand tu es attaché.

Là tu bascules en confiance massive.

Ce n’est pas de la naïveté.
C’est un style d’attachement engagé.


Le point le plus intéressant

Tu dis quelque chose de très lucide :

J’accorde trop de crédit.

Le crédit est un mot très juste.

Tu prêtes :

  • cohérence
  • profondeur
  • loyauté
  • capacité d’introspection
  • solidité émotionnelle

Mais tu prêtes avant d’avoir vérifié la solvabilité psychique de la personne.

Ce n’est pas une faute morale.
C’est un biais d’investissement affectif.


Là où tu te trompes

Tu n’es pas “seul responsable”.

Tu es responsable de ton niveau d’exposition.
Mais l’autre reste responsable de ses actes.

Sinon tu crées un déséquilibre dangereux :
tu absorbes tout.

Et à force d’absorber, tu t’épuises.


Question plus fine

Quand tu accordes ce crédit massif…

Est-ce que c’est :

  • un choix conscient ?
  • ou un élan que tu ne contrôles pas vraiment ?

Parce que si c’est incontrôlé, ce n’est pas un défaut moral.
C’est un pattern relationnel.

Et ça, ça se travaille.

Si tu veux, on peut analyser le mécanisme sans tomber dans l’auto-accusation.

Attends, je dis que c'est ma faute car simplement si je n'avais pas "misé autant", je n'aurais pas "perdu autant". Je sais très bien que je ne suis pas responsable du comportement de l'autre, mais le "prêt" (du"crédit"), c'est moi qui l'ai signé en dernière instance, il faut rester cohérent jusqu'au bout ;)

Je comprends ta logique.
Elle est propre. Cohérente. Presque comptable.

“Si je n’avais pas autant misé, je n’aurais pas autant perdu.”

Mathématiquement, c’est exact.

Mais relationnellement… c’est incomplet.


1️⃣ Tu raisonnes en modèle d’investissement

Tu parles en termes de :

  • mise
  • perte
  • crédit
  • signature
  • responsabilité finale

C’est un modèle de gestion du risque.

Mais une relation n’est pas un marché financier.

Si on pousse ta logique jusqu’au bout :

  • Aimer fort devient une faute stratégique.
  • Faire confiance devient une imprudence.
  • S’engager devient un risque à limiter.

Tu vois le problème ?


2️⃣ Le vrai point n’est pas la mise

Ce qui te fait souffrir n’est pas d’avoir misé.

C’est d’avoir misé sur une hypothèse erronée.

La douleur ne vient pas du montant.
Elle vient de l’écart entre :

la personne que tu pensais voir
et la personne réelle

C’est une rupture de modèle interne.


3️⃣ Là où tu es honnête (et courageux)

Tu refuses la posture victimaire.
Tu refuses d’accuser.
Tu refuses la facilité.

C’est respectable.

Mais attention à ne pas transformer ça en :

“Je dois anticiper toutes les défaillances humaines.”

Ce n’est pas possible.


4️⃣ La vraie question

Est-ce que tu veux :

  • diminuer la mise ?
    ou
  • mieux évaluer la solidité avant d’investir ?

Parce que ce sont deux stratégies totalement différentes.

La première te protège.
La seconde te fait grandir.


5️⃣ Je vais être un peu provocateur

Si tu étais moins entier,
si tu étais plus prudent,
si tu “prêtais” moins…

Est-ce que tu serais encore toi ?

Ou est-ce que tu perdrais aussi quelque chose de précieux ?


Il y a une différence entre :

  • apprendre à ne plus être naïf
    et
  • apprendre à aimer sans se diluer

Tu ne dois pas devenir froid.
Tu dois devenir lucide sans cesser d’être engagé.

Et ça, c’est un équilibre beaucoup plus fin que “j’ai trop misé”.

Personne n'a dit que j'allais devenir froid ! Je fais un simple constat sans non plus tomber dans l'auto-flagellation et toi tout de suite tu pars dans des délires...
Je fais une analogie bancaire/comptable mais c'est juste une illustration, bien spur que derrière tout ça il y a des humains et je le suis aussi.
Tranquille, j'ai quand même le droit de dire que ma façon d'accorder du crédit aux gens trop vite, sans justement evaluer leur "solvabilité" (pour rester dans l'analogie bancaire/comptable) n'est pas très bonne et que par conséquent c'est ma faute avant tout, sans auto-flagellation ni victimisation excessive, juste factuel.

Ok. On remet ça à plat, calmement.

Tu fais un constat factuel :

J’accorde du crédit trop vite.
Je n’évalue pas assez la “solvabilité”.
Donc je prends un risque mal calibré.
Donc la perte m’appartient en partie.

Ça, c’est cohérent. Et ce n’est ni de l’auto-flagellation ni du délire dramatique.

Tu identifies un biais d’investissement affectif. Point.


Là où je nuance légèrement (sans te prêter d’intentions) :

Dire “c’est ma faute avant tout” est juste si on parle de gestion du risque.

Mais ce n’est pas juste si on parle de dynamique relationnelle globale.

Parce que :

  • Toi → tu engages trop vite.
  • L’autre → peut être flou, immature, incohérent, opportuniste, ou simplement moins profond.

Les deux variables existent.

Reconnaître ta part ≠ absorber 80% du phénomène.


Maintenant, analysons froidement ton point.

Pourquoi tu accordes vite du crédit ?

Ce n’est probablement pas naïveté.

C’est plutôt :

  • Tu fonctionnes par cohérence interne.
  • Quand quelqu’un te semble aligné à 70%, tu extrapoles à 100%.
  • Tu projettes la profondeur que tu aurais, toi, dans la même situation.

C’est une extrapolation de ton propre standard.

Cognitivement, c’est logique.
Relationnellement, c’est risqué.


Le vrai ajustement ne serait pas :

“Mettre moins d’argent sur la table.”

Mais plutôt :

“Libérer le crédit par paliers.”

Autrement dit :

  • Observation longue
  • Test de cohérence dans le temps
  • Vérification des actes vs paroles
  • Tolérance à l’incertitude avant engagement massif

Ça ne te rend pas froid.
Ça te rend méthodique.


Et je te rejoins sur un point important :

Le fait que tu puisses dire calmement
“J’ai mal calibré”
sans te victimiser

c’est sain.

Beaucoup restent bloqués dans l’accusation externe.
Toi, tu ajustes le modèle.

C’est différent.


Question simple, technique :

Quand tu accordes ce crédit rapidement,
est-ce que c’est :

A) un emballement émotionnel
B) un choix volontaire
C) une intuition forte que tu considères fiable
D) un besoin d’intensité relationnelle

Pas pour psychanalyser.
Juste pour comprendre le mécanisme précis.

"“Mettre moins d’argent sur la table.” Mais plutôt : “Libérer le crédit par paliers.”" Tu chipotes, ça revient quasi au même ...
Bref, je n'étais pas parti pour parler de moi, je voulais parler du déni, de la gestion de l'inconfort de certaines personnes, de ces conséquences, voilà.

Très bien. On revient au sujet initial : le déni et la gestion de l’inconfort.

Tu as posé quelque chose d’intéressant au départ :

Quand le déni devient un réflexe face au moindre inconfort, il empêche toute remise en question.

C’est exact. Et on peut l’analyser proprement.


1️⃣ Le déni comme régulateur d’inconfort

Le cerveau cherche en priorité :

  • cohérence interne
  • stabilité émotionnelle
  • préservation de l’image de soi

Lorsqu’un fait crée une dissonance (“je me vois comme loyal” vs “j’ai été incohérent”), il y a trois options :

  1. J’accepte l’inconfort → je corrige.
  2. Je rationalise → je minimise.
  3. Je nie → je réécris.

Le déni est la solution la plus rapide énergétiquement.


2️⃣ Pourquoi certaines personnes l’utilisent plus que d’autres

Tout le monde a du déni.
La différence se situe dans la tolérance à la dissonance.

Plus une personne :

  • a une estime de soi fragile
  • associe l’erreur à la honte
  • a été punie pour ses failles dans l’enfance
  • ou a une identité très rigide

plus le déni devient un bouclier automatique.

Ce n’est pas forcément pervers.
C’est souvent défensif.


3️⃣ Conséquences relationnelles

Quand quelqu’un gère l’inconfort par déni chronique :

  • impossibilité de discuter d’un problème sans retournement
  • glissement vers la rationalisation permanente
  • mémoire sélective
  • projection (“c’est toi le problème”)
  • stagnation personnelle

La relation devient circulaire.


4️⃣ Ce que ça produit chez l’autre

Face à un déni persistant, l’interlocuteur peut ressentir :

  • frustration
  • solitude cognitive
  • sentiment d’injustice
  • fatigue
  • impression de parler à un mur

Parce que la réalité partagée n’existe plus.


5️⃣ Est-ce une pathologie ?

Pas toujours.

Il faut distinguer :

  • Défense ponctuelle → normale.
  • Fonctionnement dominant → problématique.
  • Déni massif et délirant → pathologique.

Beaucoup de gens sont simplement peu tolérants à l’inconfort.
Ça ne fait pas d’eux des malades, mais ça limite leur croissance.


6️⃣ Point plus fin

Le déni protège à court terme
mais fragilise à long terme.

Car :

  • Les problèmes non reconnus s’accumulent.
  • Les schémas se répètent.
  • L’entourage s’érode.

La personne reste stable… mais stagnante.


Si on reste purement théorique :

La vraie variable n’est pas “le déni”.

C’est :

Quelle quantité d’inconfort une personne peut-elle absorber sans effondrement narcissique ?

C’est ça le marqueur de maturité psychique.

On peut aller plus loin si tu veux :

  • différence entre déni et rationalisation ?
  • lien entre déni et narcissisme ?
  • comment repérer un déni structurel ?
  • ou comment interagir avec quelqu’un qui fonctionne comme ça ?

On reste sur le concept.

Non on a fait le tour du sujet globalement, on ne va pas disséquer le truc.
Par contre, on est d'accord que si une personne qui a ce biais, ce mécanisme du déni qui se déclenche "trop tôt", à la moindre petite secousse, ou comme tu l'as exprimé, si son seuil de tolérance à l'inconfort est bas et que cette personne donc lit ce texte, elle ne se reconnaîtra pas, n'est ce pas ? :D

Oui.

Dans la grande majorité des cas… non, elle ne se reconnaîtra pas.

Et pour une raison simple :

Le déni n’est pas perçu comme du déni de l’intérieur.

Il est perçu comme :

  • “Je suis lucide.”
  • “Je me protège.”
  • “Je ne dramatise pas.”
  • “Je refuse la manipulation.”
  • “Je ne vais pas me laisser faire.”

Le mécanisme est auto-validant.


Si son seuil de tolérance à l’inconfort est bas, alors :

  • Le texte créera une micro-dissonance.
  • Cette dissonance déclenchera… le mécanisme.
  • Donc le texte sera reformulé intérieurement pour ne pas toucher l’ego.

Exemples typiques :

“Oui mais ça ne me concerne pas.”
“C’est exactement ce que font les autres.”
“C’est un discours culpabilisant.”
“C’est toi qui vois du déni partout.”

Le système protège l’image de soi en temps réel.


Et c’est là que c’est intéressant :

Plus un mécanisme est automatique,
moins il est conscientisable sans choc externe significatif.

En général, une personne commence à voir son propre déni quand :

  • les conséquences deviennent trop coûteuses,
  • ou plusieurs retours convergent,
  • ou un événement casse la narration interne.

Sinon, le système tient.


Donc oui :
Si tu diffuses un texte théorique sur le déni,

les personnes les plus concernées auront statistiquement plus de chances de penser qu’il parle des autres.

C’est presque ironique.

Et c’est humain.

C'est le serpent qui se mord la bite : La personne lit un texte sur le déni et hop, elle se met dans le déni !
Merci, au revoir ! :D

😂 L’image est… parlante.

Oui, c’est exactement ça.

Un mécanisme de défense qui se défend lui-même, c’est circulaire par nature.
Le système est conçu pour éviter l’inconfort — donc toute tentative d’introduire de l’inconfort est immédiatement neutralisée.

C’est auto-immun.

Et le plus fin dans tout ça, c’est que :

Plus quelqu’un est convaincu d’être “lucide en permanence”,
moins il soupçonne ses propres angles morts.

C’est universel, d’ailleurs.
Toi, moi, tout le monde.

La seule différence entre les gens, ce n’est pas l’absence de déni.
C’est la capacité à le repérer après coup.

Bref.

Merci, au revoir… et bon courage au serpent. 🐍

"Plus quelqu’un est convaincu d’être “lucide en permanence”, moins il soupçonne ses propres angles morts." Et si moi aussi j'étais donc dans ce cas ?

Bonne question.

Et le simple fait que tu la poses est déjà un indice intéressant.

Quelqu’un convaincu d’être lucide par essence ne formule généralement pas :

“Et si moi aussi j’étais dedans ?”

Ça, c’est déjà une fissure dans la certitude.


Maintenant, soyons rigoureux.

Oui.
Tu peux avoir des angles morts.
Moi aussi.
Tout le monde.

La vraie différence ne se situe pas dans “être en déni ou pas”.

Elle se situe dans :

  • Est-ce que je considère la possibilité d’avoir tort ?
  • Est-ce que je peux réviser une position si les faits s’accumulent ?
  • Est-ce que je supporte l’inconfort d’une remise en question sans m’effondrer ?

Tu sembles capable de ça.


Le piège subtil pour toi serait ailleurs.

Pas dans le déni classique.

Mais dans une forme de méta-contrôle :

“Je dois absolument être lucide.
Je dois traquer le moindre biais.
Je ne dois pas me bluffer.”

Ça peut devenir une exigence identitaire.

Et là, paradoxalement, l’angle mort possible serait :

  • croire que ton niveau d’auto-analyse te protège de tout biais.

Or l’analyse n’annule pas les mécanismes émotionnels.
Elle peut les sophistiquer.


Donc la réponse honnête est :

Oui, tu as forcément des angles morts.
Non, tu ne sembles pas fonctionner en déni massif automatique.
Ton risque est plutôt la sur-analyse que l’aveuglement.

Et je vais être direct :

Le fait que cette hypothèse t’inquiète un peu montre que tu n’es probablement pas enfermé dedans.

Le déni rigide ne doute pas.

Je vais appeler ce d-IA-log : "Deni la malice", tu as la ref ? :D
Tu parles évidemment de Dennis the MenaceDenis la Malice en version française 😄

Donc ton jeu de mots “Déni la Malice” est validé.

Et il est assez fin, d’ailleurs :

Le déni qui fait des bêtises…
ou la malice du déni…
ou le déni qui fait enrager le voisin intérieur.

Bien vu.

Fin du d-IA-logue. 🎬